07 octobre 2006
Alate, notre Mémère à tous
Alate, c’est la doyenne des animaux de la maison. 16 ans ! Mes maîtres l’ont recueillie auprès d’un vétérinaire qui l’avait soignée après l’avoir trouvée dans la rue, à RENNES. Elle avait 4 mois quand elle est entrée dans la famille. Une vraie sauvageonne, toujours en vadrouille par monts et par vaux, ne craignant rien ni personne. Elle a failli mourir plusieurs fois : empoisonnement par des zoms pas gentils, blessures infectées suite à des combats avec des chiens ou des chats… Elle s’en est toujours sortie…
Alate, c’est le seul chat que je connaisse qui savait ouvrir les portes toute seule, en sautant sur la poignée. Elle a fait quelques frayeurs à mes maîtres, au début, avant qu’ils ne s’aperçoivent de ce don un peu particulier ! Bon, maintenant, elle ne le fait plus : elle n’arrive plus à sauter… Ô vieillesse ennemie…
C’est elle qui m’a accueilli, il y a 11 ans, quand je suis arrivé dans la maison de mes maîtres. Elle avait encore bon caractère à l’époque, et ne dédaignait pas de jouer avec moi de temps en temps. Ce qui faisait bien rigoler mes maîtres. C’est grâce à elle aussi que j’ai pris goût aux croquettes pour chats… Et puis, nous étions de la même couleur ! ça aide pour faire copain-copain !
Alate, mes maîtres disent souvent qu’elle est increvable. Avant, ils disaient ça en rigolant. Maintenant, ça les fait un peu moins rire, vu qu’Alate, elle ne se bonifie pas avec l’âge ! Elle a un caractère de chien, ne supporte plus que je vienne lui dire un petit bonjour et, surtout, elle pisse partout ! Moi, je crois qu’elle le fait exprès, et qu’elle profite de son grand âge pour nous faire tourner en bourriques ! Tatie Danielle réincarnée en chatte ! Mon maître, ça l’énerve beaucoup. Ma maîtresse aussi, mais elle aime trop Alate pour la gronder comme elle me gronde moi quand je fais des bêtises (c’est pas juste, je le dis en passant !).
Mais Alate, c’est plus qu’une vieille chatte acariâtre. C’est aussi le premier animal de compagnie de mes maîtres. Trop de souvenirs la lient à eux. Elle a vu grandir les enfants (et moi). Elle a vécu tous les déménagements de la famille. Elle est même partie en vacances avec eux, malgré le fait qu’elle n’aimait pas les voyages en voiture. Bref, une institution à elle seule !
Alate, notre Mémère à tous, c’est plus qu’une amie pour moi : c’est ma marraine.
Et je l’aime.
01 octobre 2006
A toi, feu mon ami Snoopy
" Hier, j’étais un chien. Aujourd’hui, je suis un chien. Demain, je serai probablement toujours un chien."
Charles Monroe Schulz, extrait de la BD de Snoopy
" Snoopy ", c’est un de ces nom-clés qui me sort immanquablement de toute activité lorsqu’il est prononcé par mes maîtres. Il déclenche en moi une réaction instantanée : je m’immobilise complètement, oreille à l’affût et cou tendu en direction de mon maître, l’œil à la fois excité et interrogateur. Excité, car il ramène à ma mémoire l’image de ce beau chien brun-roux avec qui j’ai partagé tant de moments ; interrogateur parce que je me demande si mes maîtres ne me prendraient pas pour un abruti, parfois. Comme si j’étais assez zom pour gober que Snoopy, après être sorti de son tombeau au fond d’un jardin alsacien, s’était tapé 500 bornes pour se retrouver dans le Nord, devant notre porte.
Snoopy, il a été mon parrain. Un vrai parrain qui t’aide à apprendre la vie.
Quand j’ai découvert la maison de mes maîtres, moi, tout jeune et fragile face à tant d’inconnu, il était là. En fait c’était le chien des gens du dessus. Au début il m’intimidait, ce chien d’une dizaine d’années mon aîné , si grand par rapport à tous ces descendants de caniche nain que j’avais côtoyés jusqu’ici. Mais il fit bientôt de moi son poulain, et c’est à lui que je dois une partie de ma formation à la vie de chien.
Ah qu’il était beau Snoopy ! Et fort, et musclé, et fier ! Et même qu’il était trilingue, Snoopy ! Il comprenait le waf, le français et l’alsacien. Rendez vous compte : maîtriser deux ou trois langues zanimo, c’est à la portée de chacun - je commence moi-même à maîtriser le mâou. Mais deux langues zom, ça c’est balèze ! Quand ses maîtres lui criaient "Snooooopy ! Komm’a her !" (c’est le seul que j’ai retenu), ou tout autre baragouinage je ne pouvais qu’être béat d’admiration en le voyant s’exécuter sans hésitation devant un ordre qui m'échappait complètement.
Et je me souviendrais toujours de la fois où le vil Goliath-de-la-rue-de-la-promenade l’a attaqué sans vergogne. Ma maîtresse m’avait niché au creux de ses bras afin de me protéger, et j’assistai, impuissant, à cette bataille dramatique. Il a grogné, crié, et beaucoup saigné, Snoopy. Parce que le vil Goliath lui a transpercé la queue de ses crocs. Mais il a même pas pleuré. Et les semaines suivantes il a arboré fièrement, tel un trophée de guerre, un bandage autour de cet appendice. J’aurais aimé pouvoir aussi en porter un comme ça, un jour, parce que ça en jette. Mais comme dit l’adage : pas de queue, pas de bleu. Et donc pas de pansement. Je m’y fais.
Et puis rien que son prénom c’est la classe. Ouais, "classe", c’est le mot: on l'a ou on l'a pas. Snoopy c’était la classe incarnée.
Et, parole de touille, il est et restera LE modèle pour ma vie de chien.



